BIOGRAPHIE
Benoît Bouthillette
Benoît Bouthillette frôle la mort en naissant prématurément le 15 décembre 1967. Bien quil nen garde pas un très bon souvenir, il croit devoir à cette entrée en matière précaire et mouvementée le sentiment, qui lhabite en permanence, que chaque moment de la vie mérite dêtre vécu pleinement. Élevé sans père, il doit tout à sa mère. À commencer par sa passion pour la lecture, qui résulte de tous ces samedis après-midi où cette femme admirable emmenait ses quatre enfants faire le plein de livres à la bibliothèque municipale. Cest peut-être aussi en voyant sa mère découper les chroniques dAndré Rufiange, dans le Journal de Montréal de lépoque, et quelle partait sisoler, le temps dune cigarette, à lécart du tumulte matinal, afin den savourer pleinement les mots, en lisant le bonheur sur son visage ravi à son retour, que naquit très tôt en Benoît la conviction quun jour il écrirait.
Issu dune famille modeste, Benoît grandit sous le seuil de la pauvreté, mais a la chance de bénéficier des avantages quoffre la banlieue cossue, et en tout premier lieu : une éducation de qualité. Premier de classe, doué pour les sports, il se liait avec autant daisance aux bums quaux bollés. À ladolescence, il simplique dans tout. Daltonien, ne voyant donc pas les rougeurs sur la peau, il doit à cette anomalie davoir surmonté une acné particulièrement sévère sans trop sen rendre compte, mais aussi de lui fermer les portes de certains métiers. Au cégep, la rencontre de lunivers de Michel Tremblay la convaincu de quitter les sciences de la santé pour se diriger vers les lettres. Il reconnaît dans luvre de lécrivain toute la splendeur et la dureté de vivre qui caractérisaient ses propres humbles origines. Férocement rebelle à toute forme délitisme, il se fera renvoyer de luniversité. Il nen gardera aucune amertume, pleinement conscient quil nabordait pas la littérature avec les yeux dun intellectuel, mais bien déjà avec ceux dun écrivain.
À vingt-cinq ans, avant de passer les quatre années suivantes à vivre au rythme de la nature, en sillonnant les rangs dun verger, il consacre une saison entière à visiter lEurope de ses idoles : il déposera une rose sur la tombe de Marcel Proust, empruntera les escaliers de la maison de Victor Hugo, sonnera à la porte de chez Marguerite Duras. À son retour à Montréal, le hasard lamène à occuper diverses fonctions. Il sera par exemple chroniqueur de disques pour le magazine 7Jours. Puis la vie le rattrape, et son embauche à lUsine C, un théâtre se consacrant à la diffusion de formes darts nouvelles, lui offre le cadre idéal pour se consacrer pleinement à lécriture.
Benoît ressent que le moment est venu de partager le fruit de son écriture, que la vision de la vie quil propose est suffisamment singulière pour mériter dêtre exprimée.En un mot (lui qui a vécu si intimement au contact des pommiers) : que ses mots contenaient désormais assez de vie pour compenser la coupe de larbre sur le papier duquel ils seraient imprimés.En 2005, Benoît publie La Trace de lescargot (chez JCL), le premier volet des aventures de linspecteur Benjamin Sioui, qui lui vaudra le Prix Saint-Pacôme du roman policier. En 2006, il remporte le Prix Alibis de la nouvelle policière pour son texte intitulé Le Capuchon du moine. Puis, une sévère blessure au dos le tient à lécart de lécriture pour un moment. Au printemps 2007, Les Éditions de La Bagnole ramènent le personnage de Benjamin Sioui sur lécran de Benoît Bouthillette, en commandant à lauteur un archétype de roman policier pour de jeunes lecteurs, quil intitulera La Nébuleuse du Chat. Ses chats ont toujours occupé une place centrale, dans la vie de Benoît Bouthillette ; ils se sont nommés respectivement Abraham, Bagatelle, Marcel, Marcelnush et Étienne ; et ils figurent tous dans ce roman.
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